Sensibilité

22/03/2021

C'est un constat, être sensible est une chance mais il y a le revers de la médaille. C'est une chance, car notre sensibilité, nous permet non seulement de nous connecter à nous-même mais aussi au monde extérieur, et ce y compris aux autres.

Avoir de la sensibilité, c'est peut-être comme être au volant d'un bolide sur un circuit. Une fois comprise et apprivoisée, ça devient grisant, ça nous oblige à être vigilant à chaque seconde. Vigilant de nos ressentis, de ce qui se passe en nous, des choses mille fois répétées qui finissent par devenir des automatismes, des pensées qui fusent et qu'il faut maîtriser, à notre instinct qui parfois nous fait douter de cette sensibilité quand la peur s'en mêle. Vigilant par rapport à l'environnement qui nous entoure. Si je poursuis ma métaphore automobile, les autres sur le circuit, comment ils se comportent, où ils se situent par rapport à nous, anticiper leurs réactions, apprendre à les connaître et à les respecter. Puis, le circuit, avec ses irrégularités, peut-être ses pièges, ses détails techniques que l'on ne parvient à franchir qu'après des années de pratique, et encore, les conditions extérieures (comme la météo par exemple). Et plus la voiture est rapide, plus nous gagnons en expérience, plus ça s'accélère. Attention à l'accident !

Apprivoiser sa sensibilité prend du temps, demande une attention particulière à soi, à chaque instant. Pour arriver petit à petit, un jour, dans un état de grâce, où tout est fluide, évident, facile et normal. Cet état, j'espère qu'un jour vous y parviendrez. Cette forme de transcendance dans la vacuité est un état béni. Mais avant d'en arriver là ou que nous en sortons, nous sommes parfois blessés, déçus, tristes. Déçus simplement de nous face à nous-même, à cause de notre lenteur, notre incapacité à être comme nous souhaiterions ou pensons devoir être et pouvoir être. Peut-être le plus souvent, déçus des autres qui par leurs comportements nous choquent, nous attristent et créent de l'incompréhension sur la nature de l'homme (oui, le.la sensible est souvent aussi utopiste). Apprendre à être patient, à ne pas faire l'enfant gâté qui veut tout, tout de suite, apprendre à accepter que les autres ne sont pas comme nous, ne pensent pas comme nous, qu'ils n'ont pas les mêmes centres d'intérêts, priorités, notions de respect, etc. Accepter que peut-être à cause de notre nature humaine, nous devons parfois passer par la souffrance pour évoluer, comprendre et grandir. Être triste serait peut-être un état nécessaire dans l'évolution.

Quoi qu'il en soit, même si être sensible nous rend parfois triste, cultivons cette sensibilité et faisons-la grandir, car c'est un magnifique cadeau qui une fois offert à chacun, rendra ses lettres de noblesse au mot humanité (Définition du Larousse: Disposition à la compréhension, à la compassion envers ses semblables, qui porte à aider ceux qui en ont besoin : Traiter quelqu'un avec humanité), et peut-être, qu'à ce moment-là, nous ne serons plus jamais tristes ...